"Comment je vis la prière du chapelet” – Rencontre avec Delphine de S.
Comment je vis la prière du chapelet : Témoignage de Delphine
Le chapelet, une prière ancienne et souvent perçue comme difficile à intégrer dans nos vies modernes. Pourtant, pour Delphine, cette prière est devenue un véritable ancrage au quotidien. Maman de trois enfants et veuve depuis presque trois ans, elle nous raconte comment la foi, et particulièrement le chapelet, l’a accompagnée dans les moments les plus sombres et comment il est désormais devenu son moment à elle, chaque jour.
Delphine, peux-tu nous parler un peu de toi ?
Je m'appelle Delphine, j'ai 38 ans et je suis maman de trois petits amours de 8 à presque 5 ans. Après avoir passé près de dix ans dans les ressources humaines, je suis maintenant dans le domaine des assurances. Mais au fond, je crois que le plus grand rôle de ma vie, c’est celui de maman.
J'ai grandi dans un milieu catholique pratiquant : école, famille, scoutisme… La foi était toujours présente. Petite, je me souviens qu’il n’y avait que des prêtres ou des religieux parmi les saints, et je me demandais s’il était possible de devenir saint(e) en étant parent. Puis un jour, j’ai entendu parler de la béatification de Frédéric Ozanam et ça a été une révélation : il est possible de vivre une vie laïque tout en étant proche du Christ. Depuis, j’ai trouvé de nombreux modèles inspirants, comme les saints époux Martin.
J'ai perdu mon mari le dimanche de la Miséricorde. Et ma première action a été de prier. Ma prière n'a rien enlevé à la douleur, mais je n'étais plus seule. Malgré ce gouffre abyssal qui s'ouvrait devant moi, la tristesse profonde, le sentiment d'être incapable d'élever nos enfants sans lui, la peur, les craintes, je suis convaincue que le Seigneur l'a accueilli et surtout, qu'il est avec moi, chaque jour, dans les bons mais surtout les mauvais moments.
Aujourd'hui, je dirai que ma foi a pris une réelle dimension de relation d'amitié avec le Christ. J'étais beaucoup dans la louange et dans l'action de grâce. Aujourd'hui, je sais qu'il est la force sur laquelle je dois toujours m'appuyer. Un texte qui m'a beaucoup marquée ces dernières années: Les Pas sur le Sable d'Ademar de Barros.
Avec mes enfants, la foi prend encore plus de sens. Je veux leur donner la chance de connaître Jésus et de grandir dans l’amour. À travers tout ce que nous vivons, même les défis, je suis convaincue qu’avec Lui, ils seront armés pour affronter ce monde.
Et le chapelet dans tout ça, tu l’as toujours prié ?
Non, je n'ai commencé à prier le chapelet que récemment. J’ai des souvenirs de pèlerinages avec ma grand-mère, mais à l’époque, je trouvais cette prière répétitive et je ne comprenais pas trop l’intérêt. Quand je priais seule, je me perdais toujours : « Où j’en suis ? ». Mais au fur et à mesure, avec ma dévotion grandissante envers la Vierge, j’ai voulu essayer à nouveau. Et aujourd’hui, je trouve que cette répétition est presque rassurante, elle crée une sorte de paix intérieure.
Comment tu pries le chapelet ?
Je le prie principalement en marchant, souvent sur le chemin vers le bureau après avoir déposé les enfants à l’école, ou en voiture. Parfois, je prie avec les enfants, mais, comme moi à leur âge, ils décrochent vite. C’est devenu mon petit moment quotidien, souvent pendant mes corvées ou mes trajets. Ça m’aide à trouver de la paix et à aborder ma journée avec plus de paix.
Le soir, c’est aussi un moment que j’apprécie. Quand tout se calme, je prends un moment pour finir ma journée en prière, et ça apaise vraiment mon cœur.
Un souvenir marquant autour du chapelet ?
Oui, un souvenir très spécial. Lors de mon déménagement après le décès de mon mari, j'ai fait une pause à Aubazine pour découvrir une abbaye. Là, pour la première fois, j'ai récité mon chapelet en entier, seule. C’était un moment de douceur au milieu d’une période très difficile. C'était comme une parenthèse de paix dans l'immensité du chagrin.
Et notre nuancier Chapelet, tu en penses quoi ?
Le nuancier m’a vraiment aidée à me concentrer davantage sur ma prière. Avant, j'utilisais l’appli Rosario qui m’a beaucoup guidée, mais parfois, je me sentais plus spectatrice que véritablement en prière. Avec le nuancier chapelet, je peux visualiser les mystères en silence, sans me perdre dans les étapes. Cela me permet aussi de méditer plus profondément et d'être plus présente dans la prière.
Ce qui est super, c’est que le nuancier est aussi très visuel et facile à utiliser pour les enfants. Ils aiment le manipuler, poser des questions, et cela les aide à s’intéresser au chapelet de manière ludique et douce.
À qui conseillerais-tu le nuancier ?
Je le conseillerais à toute personne qui se sent perdue dans la prière du chapelet, comme je l’étais au début. C’est un outil simple, beau et visuel qui aide à comprendre comment prier et surtout à méditer les mystères. C’est aussi un super support pour ceux qui se lancent ou qui ont peur de ne pas savoir comment faire.
Un dernier conseil pour ceux qui hésitent encore à prier le chapelet ?
Comme le disait Saint Jean-Paul II : "N'ayez pas peur !" Il n’y a pas de risque d’échec avec le chapelet, juste une école de patience. Peu importe où l'on commence, l’important est d’être ouvert à la prière et d’y aller à son rythme. C’est un chemin, pas une performance.